Traduction humaine · Traduction de Eugène Talbot (†1894) · Source: Wikisource · Domaine public
Mais voilà ces gens qui pour la seconde fois reviennent ici. Ne décampez-vous pas, gibier d’étrivières ?
De par Zeus ! les voilà qui sortent déjà.
Mon tendre ami, prends tes flûtes, afin que je danse et que je chante quelque chose de beau en l’honneur des Athéniens et de nous-mêmes.
Oui, prends tes flûtes, au nom des dieux. Rien ne me réjouit plus que de vous voir danser.
Inspire ces jeunes gens, Mnémosynè, ainsi que la Muse, qui me connaît et qui connaît les Athéniens. Ceux-ci, près d’Artémision, s’élancèrent, semblables à des dieux, sur les vaisseaux des Mèdes et les vainquirent. Pour nous, Léonidas nous conduisit, pareils, ce semble, à des sangliers aiguisant leurs défenses : une sueur abondante florissait le long de nos joues et coulait abondamment de nos jambes. C’est que les Perses étaient aussi nombreux que les sables du rivage. Souveraine des bois, Artémis chasseresse, viens ici, vierge divine, présider à notre alliance, pour qu’elle dure longtemps. Qu’aujourd’hui une amitié éternelle résulte de nos traités ; et mettons fin à nos ruses de renard. Viens ici, vierge chasseresse.
Voyons maintenant, puisque tout est pour le mieux, Lakoniens, emmenez vos femmes ; que le mari se tienne près de sa femme et la femme près de son mari ; ensuite, pour cet heureux événement, formons des danses en l’honneur des dieux, et gardons-nous à l’avenir de retomber dans les mêmes fautes.
Introduis le chœur, fais appel aux Kharites, invoque Artémis et son jumeau, l’aimable dieu des chœurs qu’on appelle à grands cris, puis le dieu de Nysa, suivi des Mænades, Bakkhos au regard étincelant, et Zeus qui fait briller la flamme, et son épouse auguste et bienheureuse, et les dæmones, que nous prenons pour témoins, toujours présents, de la noble paix conclue sous les auspices de la divine Kypris. Alala ! Io ! Pæan ! Sautez ! Iè ! comme pour une victoire, Iè ! Évoé ! Évoé ! Évoé ! Évoé !
Lakonien, après ta nouvelle chanson, fais entendre une chanson nouvelle.
Le Taygéton à l’aimable sommet, quitte-le, Muse lakonienne, et viens célébrer avec nous Apollôn, dieu souverain d’Amyklæ, Athéna Khalkiœque, et les vaillants Tyndarides, qui s’exercent sur les bords de l’Eurotas. Voyons, élance-toi, bondis d’un vol léger : chantons Spartè, qui aime les chœurs des dieux et le bruit des pas. Comme des coursiers, les jeunes filles, sur les bords de l’Eurotas, bondissent et frappent la terre d’un pied rapide, laissant aller leurs chevelures, ainsi que des bakkhantes qui agitent leurs thyrses, en se jouant. À la tête du chœur est la fille de Lèda, chaste et belle. Allons, rattache ta chevelure avec une bandelette, et bondis comme une biche. Que tes applaudissements animent la danse, et chante la plus puissante des divinités, Khalkiœque, déesse des combats.