Les Nuées

Traduction humaine · Traduction de Eugène Talbot (†1894) · Source: Wikisource · Domaine public

Ami, ami !

Prends ton fils, et va-t’en.

Ô mon fils ! Oh ! oh ! Quelle joie je goûte tout d’abord à voir ce teint ! Maintenant, à te voir, tu es tout de suite un homme prêt à nier, à contredire. C’est franchement chez toi une fleur du terroir que ces mots : « Qu’as-tu à dire ? » et cette apparence d’offensé quand on offense et qu’on fait tort aux autres ; je vois cela. Tu as sur ton visage le regard attique. Maintenant vois à me sauver, puisque c’est toi qui m’as perdu.

Qu’est-ce qui te fait peur ?

La lune vieille et nouvelle.

Qu’est-ce que la lune vieille et nouvelle ?

Le jour où ils disent qu’ils déposeront leurs assignations au tribunal des Prytanes.

Adieu leurs assignations ! Il n’y a pas moyen qu’un jour soit deux jours.

Il n’y a pas moyen ?

Non ; à moins que la même femme ne soit en même temps vieille et jeune.

Mais la loi le veut.

Je crois qu’ils n’en comprennent pas bien le sens.

Quel en est le sens ?

Le vieux Solôn était, de sa nature, ami du peuple.

Cela ne fait rien à la lune vieille et nouvelle.

Celui-ci fixa deux jours pour la citation, la lune vieille et la lune nouvelle, afin que les consignations fussent déposées à la nouvelle lune.

Pourquoi donc a-t-il ajouté la vieille ?

Afin, pauvre homme, que les débiteurs assignés eussent d’abord un jour pour arranger l’affaire de gré à gré ; sinon, pour qu’on redoublât les poursuites le matin même de la nouvelle lune.

Pourquoi alors les magistrats ne reçoivent-ils pas les consignations le premier jour du mois, mais le jour de la vieille et nouvelle lune ?

Ils me paraissent agir en cela comme les gourmets : afin de profiter le plus tôt possible des sommes déposées, ils avancent la dégustation d’un jour.

Eh bien, pauvres sots, pourquoi restez-vous là stupidement pour notre profit à nous les sages ? Vraies bornes, d’ailleurs, nombre, moutons, cruches amoncelées au hasard ! Aussi faut-il qu’en mon honneur et en l’honneur de mon fils, notre bonne chance me fasse entonner un chant d’éloges : « Heureux Strepsiadès, qui es toi-même sage, et qui élèves un pareil fils ! » Voilà ce que diront mes amis et mes concitoyens, jaloux de ta parole et de tes victoires dans les procès ! Mais je veux d’abord te faire entrer pour prendre un bon repas.

Faut-il qu’un homme sacrifie jamais quelque chose de son avoir ? Non, assurément. Mais il eût mieux valu tout de suite être sans vergogne plutôt que se faire des affaires, comme moi, qui, aujourd’hui, afin d’avoir mon argent, te traîne ici pour témoigner, et qui, de plus, vais devenir l’ennemi d’un citoyen. Cependant, jamais, tant que je vivrai, je ne ferai rougir de moi ma patrie. J’appellerai donc Strepsiadès en justice…

Qui est-ce ?

…Pour le jour de la vieille et de la nouvelle lune.

Je vous prends à témoin qu’il a indiqué deux jours. Et pourquoi ?

Pour douze mines que tu as reçues, afin d’acheter un cheval pommelé.

Un cheval ? L’entendez-vous, moi qui, vous le savez tous, ai horreur de l’équitation.

Et j’en atteste Zeus, tu juras par tous les dieux que tu me les rendrais.

Mais, de par Zeus ! mon Phidippidès n’avait pas encore appris le Raisonnement irrésistible.

Et maintenant à cause de cela tu songes à nier ta dette.

Effectivement, quel autre profit tirerais-je de cette science ?

Et tu oserais me la nier par serment devant les dieux ?

Quels dieux ?

Celui que je t’indiquerai, Zeus, Hermès, Poséidôn.

Zeus. Je donnerais de bon cœur un triobole pour prêter ce serment.

Puisses-tu périr pour ton impudence !

Il gagnerait à être salé, cet homme !

Je pense que tu te moques du monde.

Il tiendrait bien six kongia.

Non, de par le grand Zeus et par les autres dieux ! tu ne te joueras pas de moi impunément.

Je suis enchanté, ravi de ces dieux. Un serment par Zeus est ridicule pour des gens instruits.

Certes, un jour viendra où tu expieras ces impiétés. Mais me rendras-tu mes fonds ou non ? Réponds, que je m’en aille.

Sois tranquille à présent ; car je vais bientôt te répondre clairement. ( Il entre dans la maison. )

Que crois-tu qu’il fasse ? Crois-tu qu’il me paie ?

Où est l’homme qui me demande de l’argent ? Parle. Qu’est-ce que cela ?

Cela ? Une auge (kardopos).

Et tu me demandes de l’argent quand tu es ce que tu es ? Non, je ne donnerais pas une obole à qui que ce soit qui appelle une auge « kardopos » au lieu de « kardopè ».

Tu ne me paieras pas ?

Non pas, que je sache. Allons, finissons-en ; décampe au plus vite loin de la porte.

Je m’en vais, mais sache bien que je cours déposer ma consignation, ou que je meure !

C’est autant de perdu en sus des douze mines. Cependant, je regrette de voir dans cette situation un homme qui se trompe sur le genre de « kardopos » et de « kardopè ».

Hélas ! quel malheur est le mien !

Holà ! Quel est celui qui gémit de la sorte ! Ne serait-ce point quelqu’un des dieux de Karkinos ?

En quel état je suis, vous voulez le savoir ? Un homme infortuné.

Passe ton chemin.

Ô cruel destin ! Ô fatalité, qui as brisé les roues du char traîné par mes chevaux ! Ô Pallas, tu m’as perdu !

Quel mal t’a fait Tlèpolèmos ?

Ne raille pas, mon ami, mais fais-moi rendre par ton fils l’argent qu’il me doit, aujourd’hui surtout que je suis tombé dans le malheur.

Quel argent ?

Celui qu’il m’a emprunté.

Et de fait tu es mal en point, à ce qu’il me semble.

Je suis tombé en lançant mes chevaux, j’en atteste les dieux.

Des sornettes ! Parce que je veux ravoir mon dû ?

Il n’est pas possible que tu sois sain d’esprit.

Pourquoi ?

Tu me fais l’effet d’avoir la cervelle troublée.

Par Hermès ! je te fais assigner, si tu ne me rends pas l’argent.

Dis-moi, crois-tu que Zeus pleuve toujours et continûment de l’eau nouvelle, ou bien le soleil repompe-t-il la même eau de dessus la terre ?

Je ne sais pas laquelle des deux, et je n’en ai cure.

Et comment est-il juste que tu me demandes de l’argent, toi qui ne sais pas un mot des choses météorologiques ?

Si tu es à court, paie-moi au moins l’intérêt de l’argent.

L’intérêt ! Qu’est-ce que c’est que cette bête-là ?

Qu’est-ce autre chose, sinon que mois par mois, jour par jour, de plus en plus l’argent augmente, à mesure que le temps s’écoule ?

Bien dit. Et puis après ? Crois-tu que la mer soit beaucoup plus grande maintenant qu’autrefois ?

Non, de par Zeus ! elle est la même : car il n’est pas juste qu’elle grandisse.

Eh bien alors, misérable, comment, la mer ne grossissant pas des fleuves qui s’y jettent, essaies-tu, toi, de faire grossir ton argent ? Ne vas-tu pas déguerpir loin de la maison ? Qu’on m’apporte un bâton !

Des témoins !

Décampe ! Qu’attends-tu ? Tu ne cours pas, vilaine rosse ?

N’est-ce pas là une violence ?

Tu ne partiras pas ? Je vais t’enfoncer l’aiguillon sous la croupe, porteur de longes ! Te sauveras-tu ? C’est moi qui t’aurais mené bon train avec tes roues et ta paire de chevaux. ( Il rentre dans la maison. )

Voilà ce que c’est que de se plaire aux bassesses ! Ce vieillard, qui en a la passion, veut frustrer l’argent qu’il a emprunté. Mais il est impossible qu’il ne soit pris aujourd’hui dans quelque affaire, et que ce sophiste, en retour des friponneries qu’il a mises en train, ne soit frappé d’un malheur imprévu. Je pense qu’il trouvera tout de suite ce qu’il demandait depuis longtemps, que son fils soit habile à exprimer des idées contraires à la justice, à vaincre tous ses adversaires, même en disant ce qu’il y a de plus mauvais. Mais peut-être, peut-être, voudra-t-il qu’il devienne muet.

Iou ! iou ! Voisins, parents, citoyens, au secours ! On me bat ! À moi, de toute votre aide ! Hélas ! malheureux que je suis ! Oh ! la tête ! Oh ! la mâchoire ! Scélérat, tu bats ton père !

Oui, mon père !

Vous le voyez, il avoue qu’il me bat.

Sans doute.

Scélérat, parricide, enfonceur de murailles !

Répète-moi cela, répète et dis-en plus encore. Ne sais-tu pas que je prends un vif plaisir à entendre ces gros mots ?

Ô derrière à tout le monde !

Couvre-moi de roses.

Tu bats ton père ?

Et, par Zeus ! je te prouverai que j’ai eu raison de te battre.

Infâme gredin, comment peut-il y avoir une raison de battre son père ?

Je le démontrerai et je te vaincrai par mon discours.

Moi, vaincu par toi !

Tout ce qu’il y a de plus facile. Choisis lequel des deux Raisonnements tu veux que j’emploie.

Quels deux Raisonnements ?

Le fort et le faible.

De par Zeus ! je t’ai fait donner une belle éducation, animal, en t’apprenant à contredire la justice, si tu me prouves qu’il est juste et beau que les pères soient battus par leurs fils !

Mais je compte pourtant te le prouver si bien que, quand tu m’auras entendu, tu n’auras rien à répondre.

Allons, je veux bien entendre ce que tu vas dire.

C’est ton affaire, vieillard, de songer aux moyens de réduire un homme qui, s’il n’était sûr du succès, ne serait pas si insolent. Il est clair qu’il a quelque appui. Mais d’abord dis au Chœur par où a commencé votre querelle : c’est ce que tu dois faire tout de suite.

Quel a été le point de départ de nos injures, je vais vous le dire. À la fin de notre repas, comme vous le savez, je l’ai engagé à prendre tout de suite sa lyre et à chanter la chanson de Simonidès sur le Bélier et sa Toison. Il me répond aussitôt que c’est vieux jeu de prendre la lyre et de chanter à table, comme une femme qui moud de l’orge.

Et je ne devais pas à l’instant même te battre et te piétiner, toi qui m’ordonnais de chanter comme si tu donnais à dîner à des cigales !

Il m’a dit à la maison ce qu’il redit maintenant. Il ajoutait que Simonidès est un mauvais poète. J’ai de la peine à me contenir, je le fis pourtant d’abord. Alors je l’invitai à prendre une branche de myrte et à nous dire quelque chose d’Æskhylos. Il me répond tout de suite : « Je crois qu’Æskhylos est le premier des poètes, mais il est plein de fracas, incohérent, emphatique, escarpé. » Comment croyez-vous que mon cœur bondit à ces paroles ? Cependant je dis, en me mordant l’âme : « Eh bien, chante-nous quelque chose des jeunes, un joli passage. » Et lui de réciter aussitôt une tirade d’Euripidès, où un frère, qu’un dieu nous soit en aide ! viole sa propre sœur. Je ne puis plus me contenir ; je l’accable aussitôt de reproches durs et humiliants. À partir de ce moment, comme il arrive, nous nous rejetons paroles sur paroles ; il bondit sur moi, puis il me pétrit, m’étrille, m’étrangle, me broie.

N’avais-je pas raison ? Ne pas louer Euripidès, la sagesse même !

La sagesse même ! Lui ! Ah ! si je pouvais parler ! Mais je serais encore battu.

Oui, par Zeus ! et je serais dans mon droit.

Comment, dans ton droit ? Impudent ! C’est moi qui t’ai nourri, attentif, quand tu bégayais encore, à tout ce à quoi tu songeais. Dès que tu disais : « Brŷn, » je comprenais, et je te présentais à boire. Quand tu demandais : « Mammân, » j’arrivais et je t’apportais du pain. Je ne te donnais pas le temps de dire : « Kakkân », je te prenais, je te transférais à la porte et je te soutenais moi-même. Et toi, lorsque tu m’étranglais tout à l’heure, criant et hurlant que j’avais envie d’aller, tu n’as pas eu le cœur, scélérat, de me porter dehors, devant la porte, mais tu me serrais la gorge et je fis tout sous moi.

Je crois que le cœur des jeunes gens palpite du désir d’entendre ce qu’il va dire. Car si un homme qui a fait de pareilles choses, se disculpe en parlant, je n’estimerais pas la peau des vieux même un pois chiche. C’est ton affaire, remueur et lanceur de paroles nouvelles, de chercher la persuasion et de paraître t’exprimer selon la justice.

Qu’il est doux de vivre au milieu des nouveautés, des inventions ingénieuses, et de pouvoir mépriser les lois établies ! Et de fait, moi, quand j’avais l’esprit uniquement occupé d’équitation, je n’étais pas capable de dire trois mots sans faire une faute. Mais maintenant que cet homme a mis fin à mes goûts, et que je suis formé aux pensées subtiles, à l’art de la parole et aux méditations, je crois pouvoir prouver que j’ai le droit de châtier mon père.

Retourne donc à tes chevaux, de par Zeus ! Mieux vaut pour moi nourrir l’attelage d’un quadrige que d’être battu et broyé.

Je reviens au point où tu m’as interrompu, et d’abord je te demanderai ceci : quand j’étais petit, me battais-tu ?

Sans doute ; c’était à bonne intention et pour ton bien.

Dis-moi, n’est-il pas juste que j’aie pour toi la même bonne intention et que je te frappe, puisque avoir une bonne intention et frapper c’est la même chose ? Conviendrait-il, en effet, que ton corps fût à l’abri des coups, et le mien point ? Cependant je suis libre aussi, moi. Les enfants pleurent, et les pères ne pleureraient pas, s’il fallait t’en croire ? Diras-tu que la loi exige que ce châtiment soit l’affaire de l’enfance ? Moi je répondrai que les vieillards sont deux fois enfants. Il est donc juste que les vieux pleurent plus que les jeunes, d’autant plus que leurs fautes sont moins excusables.

Mais nulle part la loi n’exige qu’un père subisse ce traitement.

N’était-il donc pas homme, comme toi et moi, celui qui a, le premier, établi cette loi, dont la parole a convaincu les anciens ? Pourquoi donc me serait-il moins permis, à moi, d’établir une loi nouvelle qui permît aux fils de battre leurs pères à leur tour ? Tous les coups que nous avons reçus avant l’établissement de cette loi, nous vous en faisons grâce et nous vous accordons d’avoir été impunément battus. Mais vois les coqs et les autres animaux, comme ils se défendent contre leurs pères. Cependant en quoi diffèrent-ils de nous, sinon qu’ils ne rédigent pas de décrets ?

Eh bien, puisque tu imites les coqs en tout, pourquoi ne manges-tu pas du fumier et ne dors-tu pas sur un perchoir ?

Ce n’est pas la même chose, cher père ; et Sokratès ne l’admettrait pas.

Alors ne frappe pas. Sinon, quelque jour tu t’accuseras toi-même.

Comment cela ?

Puisqu’il est juste que je te châtie, tu en feras autant à ton fils, si tu en as un.

Et si je n’en ai pas, c’est en vain que j’aurai pleuré, et tu me riras au nez en mourant.

Vraiment, hommes de mon âge, il me fait l’effet d’avoir raison : et moi-même je crois devoir leur accorder ce qui est juste. Il est équitable que nous pleurions, si nous agissons mal.

Examine encore cette autre raison.

Je suis un homme mort.

Peut-être ne seras-tu pas fâché d’avoir passé par où tu as passé.

Comment cela ? Dis-moi, quel avantage en retireras-tu ?

Je battrai ma mère de la même manière que toi.

Que dis-tu là ? Voilà qui est bien pire encore !

Qu’est-ce à dire, si, à l’aide du Raisonnement faible, je te prouve que j’ai raison de battre ma mère ?

Rien, sinon que, après avoir fait cela, tu n’auras plus qu’à te jeter dans le Barathron, toi, Sokratès et le Raisonnement faible. Voilà, Nuées, ce que j’endure, pour vous avoir commis toutes mes affaires !

C’est bien toi qui t’es attiré cela, te tournant vers le mal.

Pourquoi donc ne me le disiez-vous pas, au lieu d’abuser un homme campagnard et vieux ?

C’est ce que nous faisons constamment avec les gens que nous savons portés vers les choses mauvaises, jusqu’à ce que nous les lancions dans quelque infortune qui leur apprenne à craindre les dieux.

Hélas ! C’est dur, ô Nuées, mais juste… Il ne fallait pas frustrer mes créanciers de ce qui leur était dû. Maintenant, mon cher fils, avisons au moyen d’aller mettre à mal ce coquin de Khæréphôn ainsi que Sokratès, qui nous ont trompés, toi et moi.

Mais je ne veux pas maltraiter mes maîtres.

Oui, oui ; mais respecte Zeus Paternel.

Zeus Paternel ! Que tu es arriéré. Est-ce qu’il y a un Zeus ?

Il y en a un.

Mais non, il n’y en a pas, puisque c’est le Tourbillon qui règne, après avoir chassé Zeus.

Non, il ne l’a pas chassé. Seulement je le croyais, à cause du Tourbillon qui est là. Insensé que j’étais. J’ai pris ce vase d’argile pour un dieu.

Eh bien, déraisonne et extravague à ton aise. ( Il s’en va. )

Malheureux que je suis. Quel délire ! Que j’étais donc fou de rejeter les dieux, sur la foi de Sokratès. Mais, ô cher Hermès, ne sois pas irrité contre moi, ne m’écrase pas ; au contraire, pardonne à un homme égaré par leurs bavardages. Deviens mon conseiller, soit pour leur intenter un procès, soit pour prendre tel parti qu’il te conviendra… Oui, tu m’engages avec raison à ne pas faire un procès, mais à mettre le feu, le plus tôt possible, à cette maison de fous. J’ai, ici, Xanthias ; viens, prends une échelle, apporte une hache, monte ensuite sur le philosophoir, et, si tu aimes ton maître, abats le toit, jusqu’à ce que la maison s’écroule sur eux. Puis, que l’on m’apporte une torche allumée, et, dès ce moment même, je me ferai justice, quoique ce soient de fameux hâbleurs.

Hé ! hé !

Fais ton œuvre, ô torche ! jette une vive flamme !

Hé ! l’homme ! Que fais-tu ?

Ce que je fais ? Mais rien qu’un dialogue subtil avec les poutres de la maison.

Malheur à moi ! Qui met le feu à notre maison ?

Celui à qui vous avez pris son manteau.

Tu nous tues, tu nous tues !

C’est justement ce que je veux, pourvu que la hache ne trahisse pas mes espérances, et qu’auparavant je ne me casse pas le cou, en tombant.

Hé ! l’homme ! Qu’est-ce que tu fais donc réellement, toi qui es sur le toit ?

Je marche dans les airs, et je contemple le soleil.

Malheur à moi ! Je vais misérablement étouffer !

Et moi infortuné, j’ai l’infortune d’être rôti !

Pourquoi insultiez-vous les dieux et contempliez-vous le séjour de la Lune ?…

Poursuis, frappe, détruis ! Ils ont eu bien des torts, et surtout celui que tu sais d’avoir manqué aux dieux.

Retirez-vous ! Le Chœur nous paraît avoir assez figuré aujourd’hui.

Traduction par IA · Original