Le piéton Médéric Rompel, que les gens du pays appelaient familièrement Méderi, partit à l'heure ordinaire de la maison de poste de Roüy-le-Tors. Ayant traversé la petite ville de son grand pas d'ancien troupier, il coupa d'abord les prairies de Villaumes pour gagner le bord de la Brindille, qui le conduisait, en suivant l'eau, au village de Carvelin, où commençait sa distribution. Il allait vite, le long de l'étroite rivière qui moussait, grognait, bouillonnait et filait dans son lit d'herbes, sous une voûte de saules. Les grosses pierres, arrêtant le cours, avaient autour d'elles un bourrelet d'eau, une sorte de cravate terminée en noeud d'écume. Par places, c'étaient des cascades d'un pi…
Votre soutien finance la traduction de ces classiques dans davantage de langues.
Soutenir pour 12 $/mois Faire un donLes abonnés lisent avec une traduction immédiate, sans attendre la limite gratuite quotidienne.