La première idée que je reçus de l'univers me vint de ma vieille Bible en estampes. C'était une suite de figures du XVIIe siècle, où le Paradis terrestre avait la fraîcheur abondante d'un paysage de Hollande. On y voyait des chevaux brabançons, des lapins, de petits cochons, des poules, des moutons à grosse queue. Ève promenait parmi les animaux de la création sa beauté flamande. Mais c'étaient là des trésors perdus. J'aimais mieux les chevaux. Le septième feuillet (je le vois encore) représentait l'arche de Noé au moment où l'on embarque les couples de bêtes. L'arche de Noé était, dans ma Bible, une sorte de longue caravelle surmontée d'un château de bois, avec un toit en double pente. Ell…
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